Cougar
Salut les poilus!
Je suis toujours sur l'île de Vancouver. Cet après-midi, je fus me promener (ça se dit-y?) dans le Strathcona Park pour me racler le narines d'air pur et pour essayer d'apprivoiser un ours. Je me suis dirigé vers un petit layon pas plus long qu'un crochet au dépanneur (mais bon, ça dépend où on reste...) Je crapahutais donc à travers ces cèdres droits comme des poteaux de drapeaux en chantant à tue-tête une reprise autochtono-hip-hop de "Promenons dans les bois" lorsque-que-que v'la-t-y pas qu'une chute tombe d'une falaise. Saisissant mon Kadok d'une main et pas grand chose de l'autre, j'entreprends de figer sur CCD les pleurs de la paroi.
Hypnotisé par le dégoulinement incessant et surtout par mes qualités de photographes, j'en oublie la nature autour de moi. J'étais à des 236 kilomètres et quart de me douter qu'il n'y avait pas que la cataracte qui me regardait faire. À ma droite, le son d'une déboulade me surpris. Un petit cougar, gros comme un jeune chien, vint bondir sur la roche où je me trouvait (qui, en passant était au milieu du ruis), me frôla de la queue et alla se poster de l'autre côté de la rivière pour me regarder.
Évidemment, je figeai. Nous nous toisâmes du regard quelques secondes se demandant qui allait dévorer l'autre le premier. Bien sûr, le félin comprit que mon intention était cruelle, pris peur ainsi que ses pattes à son garot et disparu très vite grâce à son pelage du même coloris que le sol environnant.
Me disant que c'était probablement le hip-hop-autochtone qui l'avait allécher, je me mis à gueuler un blues belge, m'assurant ainsi la paix dans le bois.
Et je m'en fus.
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