Edmonton

Publié le par Emilo

La ligne droite en forme de route qui nous tirait vers Edmonton était tout simplement … droite. Le Canada s’effaçait dans le rétroviseur pour s’incliner devant des prairies qui étaient empreintes des couleurs de l’Europe de l’est. Comme égarée, le long d’un frisquet cours d’eau près duquel des vaches lampaient, une église, blanche comme un sarrau, tenait debout. Même pas pliée par les vents et ornée de croix orthodoxes, elle gardait du haut de son monticule l’entrée du dernier lieu de repos des immigrants des pays de la vodka. Le vent ne soufflait plus à cet instant et une paix toute slave englobait cet endroit qui n’appartenait plus à l’Amérique.
 
Laissant les bovins se nourrir de cette herbe russement engraissée, nous décidâmes de revenir au Canada.
 
1 million d’habitants, des routes on ne peut plus carrées, des édifices bétonnés. Edmonton possède les charmes qui aiguillonneraient n’importe quel entiché de la terre à l’aimer. Sans blague, la vue de notre chambre donne sur la ville avec un grand V. Jour et nuit, les espaces de stationnement empilés devant notre logis soulignent ces édifiantes structures, symboles de réussites bancaires et d’avènements industriels. Tout aussi égarée que l’église slave dans ces prairies sans nation, Edmonton, carré de mortier, n’est que le lieu où l’argent du pétrole s’empile. Le sol et l’herbe semblent loin sous ces mètres d’asphalte. Heureusement, cette ville est jeune (son développement s’est effectué depuis 1950) et les espaces verts y sont nombreux tout le long de la rivière Saskatchewan Nord.
 
Quant à nous, prisonniers quotidiens des gymnases, les écoles se ressemblent toutes. Pour ma part, l’énergie baisse. Constamment donner l’impression aux jeunes que je suis heureux et en forme me pèse lourd. Trois semaines seulement et j’ai ma permission.
 
Edmonton, terre de la plus grosse batte de baseball au Canada, est aussi le siège (de toilette) du plus gros centre d’achat au monde : le West Edmonton Mall. Abritant 800 magasins, 110 restaurants, un parc d’attraction, un zoo et une piscine à vague, le WEM est sans doute l’attraction touristique et commerciale la plus absurde. Des bateaux flottent dans une piscine intérieure à vagues et des flamants roses essaient d’être heureux dans un aquarium au beau milieu d’un couloir assez long pour contenir 48 blocs appartement. Et on se plaint de Wal-Mart.
 
Je m’ennuie de la région, du fleuve et de la campagne. Je m’ennuie des bancs de neige, des ski-doos et de mon Géo Métro. Heureusement, mes yeux ruraux n’en ont plus pour très longtemps à chercher la végétation à travers ces tours grises.
Publicité

Publié dans emilo

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Ã
oups. trop de café.
Répondre
Ã
9 jours. 9.
Répondre
Ã
9 jours. 9.
Répondre
M
Ouin je savais pas que des cantons ça pouvait se chanter. De toutes façons, y'a des cantiques dans les cantons.<br /> <br /> Math
Répondre
M
Pour Mathieu..<br /> <br /> Tu l'auras ton avion blanc<br /> Moi, je le vois quitterl'aéroport<br /> Prendre le vent<br /> T'emporter tout droit devant<br /> Rivière-du-Loup est là-bas <br /> Tout au bout<br /> Qui t'attend<br /> <br /> Tu L'auras, ton avion blanc<br /> Mais pour l'avoir, tu auras mis le temps...<br /> Oui, cher Bécaud<br /> <br /> Et bécots à vous deux<br /> Maman Desgens
Répondre