Bon.
Alors voilà.
Comme l’envolée et le landing s’étaient bien passés, il ne me restait plus qu’à aller aplatir mon squelette garni de gras festif à mon hôtel, un vigoureux Econo Lodge. Heureusement, avisé comme un ministre des finances, j’avais réservé et avais pris également soin de noter mon numéro de confirmation, au-cazou. Arrive-je donc au lieu susdit.
Bonjour, m’exclamai-je dans un anglais vague, moi être étranger et avoir un chambre pour la 8 jours. Et dans l’élan je déclinai mon nom d’un sourire allègre. Ben v’là-t-y pas qu’ils sont pas au courant de ma réservation. De plus, la grande Megan, blondasse de premier ordre avec décorations, semble être nouvelle dans l’endroit et son patron, indien de l’Inde, est très mélangé avec le parler. C’est peut-être qu’il ne porte pas son turban magique qui le connecte sur ses voix spirituelles. Enfin.
Tout de même, en tant qu’hôteliers ne voulant pas recevoir des insultes en français et surtout parce que c’est la saison morte, ils considérèrent ce qu’ils pouvaient faire. Le dieu des scouts, Bédaine Pot-Aile, m’aime encore et il ne veut pas me voire faire de la survie sous un viaduc : une chambre avec cuisinette est libre. Génial. Elle me fournit donc la fameuse fiche d’enregistrement à remplir en me demandant ma cwréditte-câwrd.
Comme c’est de coutume dans les chaînes d’hébergement comme celle-ci, il faut faire une empreinte de la carte de crédit. C’est un rituel qui n’engage rien sauf l’âme. Tout simplement, je dit : Ok, mais moi payer sur Interac carte. (Notez la finesse de la syntaxe !) Pas de problème, fit-elle en remontant ses lèvres sous son nez et en hochant la tête d’un long mouvement vertical. L’instant d’après, encore sonné et stressé par le fait que ma réservation n’ait pas été comprise, je signai le papier confirmant que je payais pour 8 jours avec ma carte de crédit. Oups, se surpris-t-elle, tu voulais payer avec ta carte. Euuuuuuuuuuuuh, figeai-je, not bin bin grave. J’étais trop vidé pour argumenter.
Bon. Sourire à Mégan. Faire une farce. Prendre clé. Stationne auto. Ouvre porte. Éfouère lit. Yé.
Téléphone sonne. C’est la Megan de tantôt qui s’excuse, toute mielleuse et prête à tourner en sucre, que, finalement, je n’avais jamais rempli ma fiche d’inscription : elle l’avait retirée du comptoir en prenant ma carte de crédit.
Bon. Marche réception. Sourire à Megan. Remplis carte. Faire une farce. Sourire à Megan. Retourne chambre.
Enfin, tout est en ordre, je tremble ma main dans ma poche et n’y trouve pas ma clé. J’entends cette dernière rire de moi sur la table dans la chambre. Je génuflexe sous l’humiliation.
Bon. Marche réception. Faire chier Megan. Parler en français. Demander clé. Pas faire de farce. Marche chambre.
Ok. Je suis sur mon lit et je dors presque en recomptant dans ma tête les jours à pieuter ici. Zut, j’ai oublié une journée. J’ai 9 jours à passer ici, pas 8. J’ai vraiment agi en ministre des finances.
Bon. Marche réception. Paye une journée. Frappe Megan. Marche chambre.
Dodo.
Comme l’envolée et le landing s’étaient bien passés, il ne me restait plus qu’à aller aplatir mon squelette garni de gras festif à mon hôtel, un vigoureux Econo Lodge. Heureusement, avisé comme un ministre des finances, j’avais réservé et avais pris également soin de noter mon numéro de confirmation, au-cazou. Arrive-je donc au lieu susdit.
Bonjour, m’exclamai-je dans un anglais vague, moi être étranger et avoir un chambre pour la 8 jours. Et dans l’élan je déclinai mon nom d’un sourire allègre. Ben v’là-t-y pas qu’ils sont pas au courant de ma réservation. De plus, la grande Megan, blondasse de premier ordre avec décorations, semble être nouvelle dans l’endroit et son patron, indien de l’Inde, est très mélangé avec le parler. C’est peut-être qu’il ne porte pas son turban magique qui le connecte sur ses voix spirituelles. Enfin.
Tout de même, en tant qu’hôteliers ne voulant pas recevoir des insultes en français et surtout parce que c’est la saison morte, ils considérèrent ce qu’ils pouvaient faire. Le dieu des scouts, Bédaine Pot-Aile, m’aime encore et il ne veut pas me voire faire de la survie sous un viaduc : une chambre avec cuisinette est libre. Génial. Elle me fournit donc la fameuse fiche d’enregistrement à remplir en me demandant ma cwréditte-câwrd.
Comme c’est de coutume dans les chaînes d’hébergement comme celle-ci, il faut faire une empreinte de la carte de crédit. C’est un rituel qui n’engage rien sauf l’âme. Tout simplement, je dit : Ok, mais moi payer sur Interac carte. (Notez la finesse de la syntaxe !) Pas de problème, fit-elle en remontant ses lèvres sous son nez et en hochant la tête d’un long mouvement vertical. L’instant d’après, encore sonné et stressé par le fait que ma réservation n’ait pas été comprise, je signai le papier confirmant que je payais pour 8 jours avec ma carte de crédit. Oups, se surpris-t-elle, tu voulais payer avec ta carte. Euuuuuuuuuuuuh, figeai-je, not bin bin grave. J’étais trop vidé pour argumenter.
Bon. Sourire à Mégan. Faire une farce. Prendre clé. Stationne auto. Ouvre porte. Éfouère lit. Yé.
Téléphone sonne. C’est la Megan de tantôt qui s’excuse, toute mielleuse et prête à tourner en sucre, que, finalement, je n’avais jamais rempli ma fiche d’inscription : elle l’avait retirée du comptoir en prenant ma carte de crédit.
Bon. Marche réception. Sourire à Megan. Remplis carte. Faire une farce. Sourire à Megan. Retourne chambre.
Enfin, tout est en ordre, je tremble ma main dans ma poche et n’y trouve pas ma clé. J’entends cette dernière rire de moi sur la table dans la chambre. Je génuflexe sous l’humiliation.
Bon. Marche réception. Faire chier Megan. Parler en français. Demander clé. Pas faire de farce. Marche chambre.
Ok. Je suis sur mon lit et je dors presque en recomptant dans ma tête les jours à pieuter ici. Zut, j’ai oublié une journée. J’ai 9 jours à passer ici, pas 8. J’ai vraiment agi en ministre des finances.
Bon. Marche réception. Paye une journée. Frappe Megan. Marche chambre.
Dodo.
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